Argentoratum

A l’origine, la ville alsacienne de Strasbourg était nommée en celte Argentorate. Ce nom a ensuite était romanisé en Argentoratum. L’éthymologie est encore discutée de nos jours mais le plus probable reste que la racine Argento (argent, luisant, brillant) désigne un cours d’eau et plus particulièrement celui de l’Ile. Rate désigne une enceinte, une fortification. Argentoratum est donc la cité de la rivière ou du fleuve. Cette acception la plus courante semble en adéquation avec la localisation géographique de ce lieu frontière à proximité du Rhin.

Histoire du camp romain argentoratum

Histoire du camp romain argentoratum

Du camp militaire Argentoratum à la chute de l’Empire romain

Aux origines de l’histoire de Strasbourg, il y avait une bourgade celtique portant le nom d’ArgentorateEn 12 avant JC, l’empereur Auguste prend la décision d’organiser la défense de l’empire romain et c’est le général Drusus, père fondateur d’Argentoratum, qui est chargé de fortifier Argentorate. Historiquement, la fondation de la ville de Strasbourg est attribuée aux romains. Ce camp militaire a pour but de défendre l’Empire romain des Germains en organisant les lignes de défense le long du Rhin. Une véritable agglomération se développe autour du camp romain d’Argentoratum sous les empereurs Tibère et Trajan. Argentoratum devient une colonie militaire doublée d’un carrefour commercial d’importance. En l’an 20, on estime la population a près de 10 000 habitants.

A partir de 166, les barbares font peser une forte pression sur les frontières de l’Empire romain. Argentoratum est ravagé par les Alamans en 355. Par la suite, la ville fut reconquise et restaurée par l’empereur Julien à la suite de la bataille d’Argentoratum en 357. Malheureusement, les Germains envahissent de nouveau la Gaule en 406. En 451 la ville est complètement rasée par Attila. Il faudra attendre 496 pour voir la ville restaurée par les Francs sous le nom de Strateburgum, c’est-à-dire le bourg sur la route.

Pourquoi un camp militaire romain sur l’Ile ?

L’implantation du camp militaire d’Argentoratum a été pensée en fonction de la géographie du lieu. La localisation était idéale pour y implanter un camp de légionnaires romains. En effet, l’emplacement représentait un carrefour de circulation par voies fluviales (la Bruche, l’Ile et le Rhin) et par voies terrestres. D’ailleurs, l’eau a une importance capitale dans le choix de ce lieu d’établissement puisqu’à l’époque elle était synonyme de commerce, de moyen de communication et de défense naturelle. Le lieu dispose également, comble du luxe, d’une nappe phréatique.

Toutefois, le site Argentoratum est aussi hostile car il est situé dans une zone en partie inondable. Conséquence directe, les maladies comme la malaria s’y développent et prolifèrent portant atteinte à la santé des hommes qui y habitent. Un autre élément défavorable, le climat est semi-continental, autrement dit, propice aux variations extrêmes de température : grand froid et forte chaleur en perspective…

Malgré les contradictions qui coexistent en ces lieux, l’argument de la position stratégique, au cœur du fossé rhénan, l’emporte haut la main.

Le camp romain d’Argentoratum

Le camp de légionnaires était organisé selon le plan géométrique et architectural romain classique, c’est-à-dire autour de l’axe nord-sud appelé cardo (rue du Dôme) et l’axe est-ouest appelé decumanus (rue des Hallebardes et rue des Juifs). La cité romaine Argentoratum a laissé des traces dans la topographie de l’actuelle ville de Strasbourg :

  • Rue du Dôme : des thermes et des résidences de tribuns avec des pièces chauffées
  • Rue de la Nuée-Bleue : des temples dédiés aux dieux romains et celtiques
  • Place Saint-Pierre Le Jeune : un amphithéâtre où l’on pouvait assister à des combats de coqs mais aussi un forum, un théâtre et une basilique.
  • Quartier Saint-Thomas : le port antique, épicentre de la navigation commerciale et militaire sur le Rhin, l’Ile et la Bruche
  • Place Broglie : des plateformes de défense
  • Place Saint-Etienne : un grand fossé, partie constituante de l’enceinte de Strasbourg, permettant de protéger la ville des ennemis.

Au fil des années, les habitations civiles s’étendent vers l’Ouest vers Koenigshoffen qui deviendra le grand faubourg de la ville. Le site fut d’abord considéré comme une nécropole où les légionnaires enterraient leurs morts. On trouvait alors des mausolées et des sarcophages de la Place de la Gare à Eckbolsheim. Ce nouveau faubourg offre une terre de qualité pour la culture des céréales. D’ailleurs la culture maraichère perdure encore de nos jours.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la fonction d’une rue, d’un quartier ou d’un bâtiment strasbourgeois cher à votre cœur, n’hésitez pas à nous écrire !